Un organisme millénaire aux vertus contemporaines

De la façon dont nous alimentons notre corps, sera déterminé tout notre potentiel physique et intellectuel. Les éléments cités se peuvent être retrouvés dans une alimentation variée qui est la clé d’un bien-être quotidien.
Cependant les habitudes alimentaires de chacun peuvent présenter des carences que la spiruline pourrait commencer à combler. Une prise régulière permet en effet un travail de fond qui est un soutien précieux au bien-être de notre métabolisme. De la simplicité d’un archétype cellulaire venu du fond des âges, notre corps en extrait son potentiel ici et maintenant.

Une des premières formes de vie sur terre

Suite aux éléments fossiles qui ont été retrouvés et datés, la spiruline serait une des premières formes de vie apparue sur terre, bien avant le règne végétal ou animal. C’est un organisme qui ne croît qu’en présence de lumière et de chaleur.
D’aucuns parleront d’une algue microscopique (micro-algue) de forme spiralée dont la taille est comprise entre 35 et 350µ (microns). Elle n’est cependant pas tout à fait une algue.

Voyons cela en image :

Photo spiruline x 10 Photo spiruline x 100 Photo spiruline x 1000
Aggrandissement photographique de la spiruline au microscope x 10, X 100 et X 1.000

Un micro-organisme photosynthétique,

c’est-à-dire qui réalise la photosynthèse. Elle utilise l’énergie solaire, les minéraux et le carbone dissout dans l’eau comme source nutritive nécessaire à sa croissance.

Selon ses fonctions biochimiques, la spiruline pourrait être à la fois :

  • une plante,
  • et une bactérie.

Sous le nom de Spirulina sp , elle est classée parmi les cyanobactéries. Les cyanobactéries (Cyanobacteria), également appelées cyanophycées (Cyanophyceæ), sont une sous classe de bactéries (procaryotes), autrefois appelées « algues-bleues ». Il en existe plus de 1500 espèces, réparties en 120 genres.

Si certaines cyanobactéries peuvent s’averer toxiques, la spiruline est la seule autorisée par les organismes compétents en matière d’alimentation humaine. La spiruline ne développant pas de microcystine elle est sans danger pour notre organisme.

Leur origine remonte à environ 3800 ma (3,8 milliards d’années),

3,8 milliards d’années sous leur forme la plus simple, durant l’éon Archéen (on peut rencontrer le terme de Précambrien qui est le terme, obsolète, qui désignait autrefois l’ensemble des éons Protérozoïques, Archéen et Hadéens). A titre d’information, l’origine de notre planète remonte à 4,5 milliards d’années, durant la période de l’éon Hadéen.

En ces temps de formation, l’on sait aujourd’hui que notre atmosphère était, entre autres, saturée de dioxide de carbone (CO2) que les cyanobactéries consomment, tout en rejetant dans l’atmosphère… du dioxygène (O2), que nous consommons.

Ces micro-organismes sont pour partie à l’origine de l’expansion de la vie sur terre par leur production d’oxygène par photosynthèse et par leur contribution au premier puits biologique de carbone, créant l’origine de l’air que nous respirons aujourd’hui et de l’ozone (O3), qui composent la biosphère et protègent notre globe des rayons ionisants.

Ainsi, les micro-organismes se sont développés et d’autres formes de vies se sont épanouies. La terre s’est transformée et la spiruline, parmi d’autres cyanobactéries, a traversé le temps. On la retrouve encore aujourd’hui à l’état naturel aux abords des lagunes et des lagons, dans les lacs salés du globe. Au cours de l’histoire, jusqu’à nos jours, elle fit le bonheur de nombreuses sociétés primitives.

Consommée autrefois par les Aztèques

Photo kanembou + Azteques
Beaucoup d’écrits circulent sur le tecuitlatl des Aztèques.

Tecuitlatl étant le nom aztèque de la spiruline

Ils ont tous une origine commune qui remonte au XVIe siècle lors de la conquête des « Amériques » par les Espagnols. Ces textes ont été vulgarisés par Soustelle au XXe siècle (dans les années cinquante), et l’on y peut retenir les écrits de Gomara, secrétaire de Herman Cortès, conquistadore des premières heures, qui relatent la vie des autochtones à l’arrivée des Espagnols. Un passage décrit la récolte du Tecuitlatl par les paysans :

à l’aide de filets à maille très fines, ils récoltent, à une certaine époque de l’année, une espèce de purée (inflorescence) qui se propage sur l’eau de la lagune de Mexico, et qui se prend en masse, et qui n’est ni une herbe, ni vraiment une terre mais une sorte de boue. Il y en a une grande quantité et ils en récoltent beaucoup. Ils vident de leurs eaux des endroits comme on fait pour récolter le sel, et la purée se prend en masse et sèche. Ils en font des gâteaux semblables à des briques qu’ils vendent, non seulement sur le marché local, mais encore qu’ils transportent hors de la ville et loin. Le produit se consomme comme un fromage. Il a une saveur salée qui est très agréable avec le chilmolli en sauce piquante.`

Ce que l’on peut retenir de ces textes, dont est extrait le paragraphe ci-dessus, est que le técuitlatl était une nourriture populaire des Aztèques selon les espagnols. Soit qu’elle était couramment utilisée, soit qu’elle était consommée seulement en période de disette.

La consommation de spiruline, alliée aux autres plats aztèques, pourrait à elle seule expliquer la croissance, démesurée de la citée de Mexico jusqu’à presque un million d’habitants. Comparativement les plus grandes villes européennes de l’époque font figure de village.

Combinée au maïs il semble que la spiruline soit un apport protéique très important, mais aussi en minéraux assimilables et vitamines naturelles. Si les conquérants ont retenu de cette civilisation le chocolat, le haricot et le dindon, à l’inverse la spiruline fut oubliée… même par ses consommateurs usuels, puisqu’une soixantaine d’année après l’arrivée espagnole, les descriptions qui en sont faites font partie du passé. Ce n’est que plus tard que l’on reparlera de la spiruline de Mexico.

Il faudra attendre cinq siècles… pour la retrouver d’abord en Afrique.

En 1939 :

Le professeur Creac’h de Bordeaux découvre de la spiruline séchée sur un marché de Massakong au Tchad, second berceau connu de spiruline, le lac Tchad. Le troisième et quatrième étant respectivement la Chine et l’Inde.

1940 :

Les scientifiques recherchent un remède à la pénurie alimentaire mondiale et se penchent vers les micro-organismes. Après quelques données fructueuses, une micro-algue est retenue (la Chlorella) puis abandonnée car peu digeste, en raison de la paroi cellulosique dont elle est faite et dont la substance, la cellulose, est peu digeste pour l’homme. À cette date, Dangeard décrivit la spiruline à la Sté Linnéenne de Bordeaux. Mais ses découvertes en pleine guerre passent inaperçues.

1950 :

Brandilly publie un article de vulgarisation au titre prometteur
« depuis des lustres une tribu primitive du Lac Tchad exploite la nourriture de l’an 2000 ».

Mais c’est en 1965 :

que le botaniste Jean Joseph Gusrave Léonard (1920-2013) fait parler de cette microalgue et fait réellement connaître la spiruline. \

Il rencontre ainsi les femmes de la peuplade des Kanembous, qui de tradition immémoriale récoltent à la surface des lacs et mares fréquentées par les flamants
roses, une sorte de bouillie verte qui y pousse spontanément en surface
de la spiruline sauvage. Une fois séchée en galettes sur le sable et au soleil, elle se retrouve sur le marché, pour y être emportée en vue de sa consommation par toute la famille, et particulièrement des femmes enceintes.

Bien que comparativement aux autres peuplades les Kanembous semblent en meilleure condition physique relative, aucune étude ne vient confirmer officiellement le lien de causalité entre la longévité des Kanembous et leur régime alimentaire traditionnel à base de spiruline.

Plus tard, à la veille de la grande crise pétrolière mondiale de 1973, les laboratoires les plus prestigieux de la planète cherchent le moyen de combler le manque protéique mondial consécutif de la guerre dans un premier temps, puis de l’augmentation de la population mondiale (baby boom). L’objectif est peu à peu atteint avec l’arachide, le maïs, le soja, le lait et la viande.

En effet à l’heure ou l’IFP (Institut Français du Pétrole) cherche à fabriquer de la viande à base de pétrole (et y réussit…) les scientifiques et l’Industrie agro-alimentaire recherchent des solutions à la production industrielle d’aliments enrichis en protéines (la base des cellules de notre corps) et imitant la viande, dont le coût de production à l’hectare puisse être abaissé.

Face à l’augmentation exponentielle de la population mondiale il est alors primordial d’abaisser le coût de la protéine. Ces mêmes organismes mettent au point les Hydrolysats de protéines dans l’industrie alimentaire des pays dits « industrialisés », dont certains à base de… Spiruline.

Ainsi pendant des années, la spiruline va être cultivée pour l’industrie alimentaire et son expansion va connaître un essors depuis l’un de ses berceaux d’origine.

Au cours des années soixante-dix,

la société Sosa Texcoco au Mexique, qui employait plusieurs milliers d’ouvriers, exploitait des dérivés de la soude dans le lac du même nom.

Puis, après avoir extrait les sédiments du fond du lac, elle se retrouve confrontée à un problème de taille : les évaporateurs solaires sont envahis à la périphérie par une micro-algue verte et menace l’exploitation de soude. Les ingénieurs et biologistes cherchent une solution et c’est l’IFP qui la leur apporte au cours d’un colloque : cette algue est une micro-algue et c’est de la spiruline. Feu Monsieur le sénateur Hubert Durand Chastel (1918-2007), alors directeur de l’usine et sur les conseils de ses ingénieurs, exploite donc, en plus de la soude, cet or-vert : jusqu’à 300 tonnes de spiruline sèche par an vont sortir de l’usine pendant deux décennies.

En 1981

l’OMS elle-même admet “que la spiruline représente un complément alimentaire intéressant pour de multiples raisons, richesse en fer et en protéines, entre autres et qu’il peut par conséquent, être conseillé à des enfants sans risque aucun”.
La même année, en France la Direction de l’Hygiène Publique de France autorise la spiruline et 11 autres algues en alimentation humaine.

Aujourd’hui on la cultive partout dans le monde (Amériques, Europe, Asie, Afrique) pour ses qualités nutritives, mais aussi dans d’autres domaines d’utilisation.

Etudiée aujourd’hui, comme future nourriture des astronautes et taïkonautes

Capable d’absorber d’énormes quantités d’énergie solaire, ayant une exceptionnelle teneur en protéines, fer, oligo-éléments et vitamines, la spiruline et d’autres denrées sont l’objet d’études de la part de la NASA américaine projet BIOPlex), de l’ESA européenne (Projet MELiSSA) et au Japon (projet CEEF). Chacun prévoieraient sa culture pour les futures missions dans l’espace afin de nourrir les cosmonautes, produire de l’oxygène et retraiter les déchets organiques et gazeux des stations spatiales par la mise au point d’ecosystèmes clos artificiels.

Contribue au recyclage du dioxyde de carbone (CO2)

La colonisation de l’espace – au sens extra-terrestre du terme – impose à l’homme, entre autres contraintes, d’assurer sa survie au sein de systèmes fermés (au sens thermodynamique du terme, c’est à dire sans échange de matière avec l’extérieur), que ce soit pour des voyages de longue durée ou, surtout, pour des stations permanentes, comme la future base martienne envisagée dans un avenir relativement proche.

Il s’agit alors de reconstituer artificiellement dans un espace réduit, en conditions contrôlées et avec des constantes de temps très rapides, le cycle de la matière tel qu’il existe sur la terre et son atmosphère (la biosphère).

Voir le Projet MELiSSA (ESA)

Le principal problème dans l’espace est de produire une ration alimentaire équilibrée tout en régénérant rapidement et sous contrôle l’atmosphère (O2). Le premier objectif peut être rempli en utilisant un consortium de plantes supérieures (blé, riz, salade,…) alors que le deuxième objectif nécessite d’avoir recours à des micro-organismes photosynthétiques cultivés en masse (en photobioréacteur).

En fonction du choix du micro-organisme, celui-ci pourra aussi éventuellement entrer dans la composition de la ration alimentaire, essentiellement comme source de protéines.

La spiruline, parmi d’autres micro-organismes, est mise au banc d’essai, pour de telles propriétés.

Des études préalables et parallèles furent menées dont l’objectif était de mettre au point un écosystème clos artificiel viable à long terme. Les tests réalisés en laboratoire, ont ainsi pu vérifier s’il était possible à des souris de vivre en système clos. Leur oxygène étant produit par de la spiruline qui à son tour consommait les rejets de l’animal, notamment le dioxyde de carbone exhalé. Toutes les contraintes ne sont pas résolues, mais des technologies sont mises au point, par l’intermédiaire des agences spatiales, afin de valider ces procédés qui trouveront des applications utiles tant au niveau terrestre, qu’extra-terrestre.

Il est donc très intéressant de constater combien ces micro-organismes, tels que la spiruline, pourraient nous être d’un grand secours dans un avenir qui est déjà au présent.

La spiruline peut donc être présente dans divers domaines et celui qui nous échoit est celui du complément alimentaire naturel.

La spiruline est particulièrement recommandée dans divers domaines d’utilisation et c’est pour nous un grand honneur de la cultiver dans nos bassins et de vous la restituer telle qu’elle fût, au commencement de notre temps.

Voir également le Projet BIORAT